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Petit texte d’explication sur ce que cette recherche permet de trouver et à qui elle est destinée.

 
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Etre attentifs au rôle et à la place de chacun

La démarche d’EDD-SI promeut l’émergence de citoyens informés, conscients, critiques et responsables. Afin de parvenir concomitamment à ces dimensions de la citoyenneté, la mise en œuvre d’une réflexion pédagogie active doit être partagée entre tous les acteurs.
En milieu scolaire, comme ailleurs, la mise en place d’une telle pédagogie soulève trois questions :
Quel rôle donner aux élèves dans la démarche ?
Comment prendre en compte le ressenti des élèves et préserver leur sensibilité ?
Quelles sont les implications pédagogiques pour les équipes d'enseignants, pour les animateurs et autres intervenants ?

1°/ Donner toute sa place à l'élève

Un projet d’EDD-SI est par essence un projet participatif : les élèves doivent être impliqués autant que faire se peut, à ses différentes étapes – élaboration, exécution, évaluation - dans le respect d’une démarche pédagogique dont l’equipe enseignante demeure le pilote et le garant.

L’élève doit ainsi être l’acteur central de la démarche ; une pédagogie adaptée à chaque élève s’impose, qui lui permettra de construire ses propres savoirs et savoir-être, à partir de ses représentations, dans une démarche de projet et/ou d’investigation. L’enseignant par son savoir professionnel et son rôle institutionnel reste responsable de l’orientation du questionnement et peut s’appuyer sur de nombreux outils a adapter aux diverses situations d'apprentissage : brainstormings, photo-expression, visites, sorties, enquêtes, études de cas, modélisation, scénarios, jeux de rôle, technologies de l’information et de la communication, débats… Autant de pistes et de supports permettant de faire avancer les élèves individuellement, en groupe, mais aussi collectivement : la mutualisation des acquis est nécessaire pour étendre à tout le groupe ce que chacun a construit.


>> voir la rubrique « Découvrir les projets des autres pour imaginer le sien »

 

La dimension internationale de la démarche peut avantageusement être confortée par la mise en lien du groupe concerné avec des acteurs locaux impliqués dans le domaine du développement durable et de la solidarité internationale (structure d’éducation populaire, ONG, association de migrants…), et/ou avec un établissement scolaire situé dans un pays étranger (Sud, Est...).

Les DAREIC, au sein de chaque rectorat, sont en charge des contacts et relations internationales et disposent de relais et d’informations facilement accessibles.


>> voir la rubrique « Du côté de chez moi »
>> voir la rubrique « Trouver un partenaire à l’international »

 

Les services de coopération décentralisée, des relations internationales ou en charge du suivi des jumelages au sein des collectivités territoriales peuvent également vous orienter dans votre recherche de partenaire.

2°/ Prendre en compte la sensibilté de l'élève et sa complexité

C’est un domaine où, au-delà des discours bienveillants, la plus grande prudence concrète est indispensable.
*Pas d’intervention ou de discours culpabilisant. L’EDD-SI aborde des thématiques au cœur du quotidien des élèves et de leurs familles et plus largement, de la société toute entière. Il s’agit généralement de sujets qui interrogent, font débat, questionnent notre rapport au monde, nos valeurs, la cohérence entre principes affirmés et actions menées, reposent sur des lignes de fracture de nature politique, économique et sociale. Il est donc essentiel de porter une attention particulière à la sensibilité de l’élève, à son ressenti.

Il convient notamment d’éviter d’adopter une démarche prescriptive, susceptible de mettre l’élève en porte-à-faux à l’égard de sa famille, ses amis, ou de sa propre pratique. L’EDD-SI ne cherche pas à stigmatiser les « mauvaises » pratiques, à culpabiliser, mais bien à mettre en lumière la complexité des enjeux de notre société, à en expliciter les tensions sous-jacentes, à mettre à plat les contradictions et, in fine, à responsabiliser l’élève face aux choix possibles – sachant qu’il n’existe pas de dualité simpliste entre " bon choix " et " mauvais choix ".

 * Les tensions anxiogènes : un autre écueil à éviter. Les tensions intrinsèques aux thématiques abordées peuvent être perçues, vécues comme anxiogènes par les élèves et générer angoisses, souffrances, peur de l’avenir, défaitisme et repli. Il est donc indispensable d’être vigilant à ne céder en aucun cas au catastrophisme et à objectiver les situations abordées en mettant l’accent à la fois sur les limites des savoirs actuels et les leviers potentiels que constituent la prise de position et l’action, tant individuelles que collectives.

* Interroger et ouvrir l’esprit sans déstabiliser.
Dans un autre registre, la découverte de la réalité d’autres territoires, d’autres cultures, d’autres façons de vivre et de penser, au-delà des représentations préalables des élèves, peuvent également déstabiliser l’élève, générer chez lui des ruptures conceptuelles susceptibles d’être vécues plus ou moins facilement. Là encore il convient d’accueillir ce ressenti, d’en permettre l’expression et de le remettre en perspective afin de le « positiver ». Il est primordial d’accompagner cette découverte en lien ou avec l’appui de structures et personnes ressources en capacité de décrypter ces enjeux et de décoder les situations ou interrogations des élèves.

*Ne pas s’enfermer dans la sensibilité ! Là où divers acteurs ou intervenants en éducation soulignent la nécessaire entrée dans les projets par le « ressenti », par les sens, il est utile de bien souligner qu’il ne peut s’agir que d’un point de départ. Ne pas laisser l’invité dans le hall d’entrée est la moindre des choses. En pédagogie, à plus forte raison, ce serait une maladresse, voire une erreur, de laisser l’élève sur ce seul ressenti. Prise de conscience, expression, échange, réflexion, dialogue, mise en perspective, interprétation, mise en commun, etc, constituent un cocktail nécessaire et complexe. Le professionnalisme est particulièrement requis dans ce domaine. La bonne volonté, les bonnes intentions, bien sûr, ne suffisent pas ici.

>> voir la rubrique « Du côté de chez moi »

3°/ Interroger et nourrir les pratiques pédagogiques et éducatives

Un des défis de l’EDD-SI consiste à améliorer l’école de l’intérieur, en enrichissant les pratiques pédagogiques et les démarches éducatives. A côté de la place de l’élève, c’est également le rôle des enseignants et de leurs pratiques, que l’EDD-SI questionne. Construire des itinéraires pédagogiques, élaborer des parcours éducatifs, exploiter des démarches de projets personnels ou collectifs, mettre en lien le local et l’international, contribuer à la construction de compétences critiques et créatives... autant d’activités qui interrogent en permanence le rôle de l’enseignant, et, plus largement, de tout intervenant éducatif.
L’enseignant n’est pas simplement un « expert » au service de la transmission de savoirs organisés par matières, mais un « médiateur » entre deux savoirs en construction : le « savoir savant » (qui n’est jamais définitivement stabilisé) et celui du citoyen (qui se construit progressivement) dans la société et par l’école, par l’éducation formelle et les diverses instances d’éducation informelle...
Les enseignants suscitent dans chaque discipline un intérêt spécifique, créent des connexions, tels des cartographes conscients que chaque discipline ou chaque partenaire, fournit une vision possible mais forcément incomplète du monde. C’est dans l’adoption d’une posture éthique et réflexive sur leurs pratiques, à la croisée des champs théoriques, de la pédagogie, et de l’action au quotidien, que les enseignants peuvent nourrir les compétences de « praticiens en EDD-SI ». Il est donc nécessaire d’intervenir à plusieurs – enseignants dans leurs diversités mais également autres acteurs et partenaires – afin de permettre l’expression de regards et d’analyses différents, de développer l’esprit critique, d’enrichir la réflexion. La pluridisciplinarité des savoirs, la transversalité des questionnements, la multiplicité des points de vue et des acteurs impliqués... constituent les principes de base de l’EDD-SI. Celle-ci interroge pour les nourrir, les pratiques de l’école et de l’enseignant, le rôle et la nature des partenariats, la place des divers acteurs de la société...pour que cette EDD-SI soit au niveau planétaire durable et solidaire.
Les formations conjointes des acteurs, initiées dans « Des Alpes au Sahel », le site Londoo Tiloo ouvert à chacun, poursuivent cet objectif.