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Parcours pédagogique : développement durable et solidarité internationale

Quelques clés pour construire un parcours pédagogique en éducation au développement durable et à la solidarité internationale (EDD-SI)

Enseigner et éduquer à…, c’est pareil ?

L’éducation au développement durable et à la solidarité internationale (EDD-SI) relève de la famille des « éducations à » : éducation à la santé, aux médias, à l’environnement, à la citoyenneté, etc.

Voici la définition qu’en donne l’équipe de recherche de l’IUFM Midi-Pyrénées :

« Les "éducations à" au niveau de l’école, des collèges et des lycées correspondent à l'apprentissage de savoirs non institués scolairement. Ces apprentissages ne concernent pas uniquement des connaissances à apprendre par les élèves mais des attitudes, des comportements, individuels et collectifs.
Les "éducations à" ne correspondent donc pas à de nouvelles disciplines d'enseignement mais se développent au sein de chaque discipline ; elles se bâtissent avec toutes les disciplines enseignées et s'organisent en relation avec l'ensemble des acteurs de l'établissement scolaire.
Quelles que soient les "éducations à", une difficulté majeure apparaît : il s'agit de concilier les enseignements disciplinaires, dont les objectifs sont fixés par les programmes scolaires, et la contribution de ces disciplines et des enseignants aux développements de situations pédagogiques conduisant à ces apprentissages non disciplinaires. La diversité des « éducations à » relève donc bien d'une même logique fondamentale : la coopération des acteurs de l'Ecole pour concevoir et réaliser des approches pédagogiques visant l'implication individuelle et collective sur des questions vives de la vie sociale."

L’EDD-SI, au croisement de l’éducation au développement durable
et de l’éducation à la solidarité internationale

Le principal objectif du projet « Des Alpes au Sahel » était de mettre en évidence les articulations entre éducation au développement durable* (EDD) et éducation au développement* et à la solidarité internationale* (EADSI), de montrer en quoi l’une ne peut se concevoir sans l’autre.
*Pour les définitions voir le glossaire de Londoo Tiloo.

Par essence, le développement durable se pense à l’échelle de la planète, même si sa mise en œuvre s’appuie sur des actions de niveau local ; la dimension « solidarité internationale », quant à elle, implique la mise en relation d’espaces et de populations appartenant à des parties du globe différentes et témoigne de destins liés, sur les plans politique, social, environnemental et économique.

Réfléchir le développement durable dans sa dimension internationale nous permet paradoxalement de mieux comprendre notre environnement proche et d’identifier ce qui nous lie aux « autres » (par l’histoire passée, présente et à venir). Introduire la notion de solidarité nous invite à identifier l’interdépendance à la fois économique, sociale et environnementale qui nous lie du niveau le plus local à l’échelle planétaire ; ceci nous rend également conscients du rôle que nous avons à jouer, avec des partenaires proches ou lointains, afin d’être des acteurs lucides de notre avenir commun.

L’EDD-SI, un processus pédagogique

Pour autant, un projet pédagogique en EDD-SI n’est pas un projet d’action humanitaire. Il s’agit avant tout de construire pour et avec les élèves un parcours éducatif qui donne des clés de compréhension et d’analyse, afin de permettre à ces futurs citoyens de faire des choix et d’agir en connaissance de cause. Les enseignants qui construisent un tel projet doivent avant tout veiller à rester dans une posture éducative.

« Ouvrir l’éducation au développement durable à une dimension de solidarité internationale nous permet de proposer à l’élève de se situer à partir d’une triple démarche : être informé, être conscient, être capable de faire des choix. Chacun de ces éléments peut se décliner de la façon suivante :

  • être informé : j’acquiers des connaissances à propos de la diversité dans les domaines économiques, environnementaux et culturels. Je replace ces connaissances dans des échelles de temps (histoire), des échelles spatiales (du local au mondial en passant par le national), et des rapports de force et de pouvoir (politiques, financiers). Je découvre également la diversité des acteurs qui sont mus par des objectifs, des points de vue et des valeurs différentes.
  • être conscient : je comprends mieux les interdépendances entre les faits observés, la complexité des sociétés et des comportements, les enjeux (souvent identiques) en différents lieux de la planète, qu’ils soient collectifs ou individuels.
  • être responsable : je participe lucidement et librement aux décisions à prendre ensemble et/ou aux actions à mener en commun. »

(Source : Dominique BERGER, Olivier MORIN, Education à l’environnement et au développement durable, réfléchir sur sa pratique, in Leçons d’expériences du projet des Alpes au Sahel, p.43-44)

Les questions que vous vous posez

1 – Ai-je le droit de construire un projet d’EDD-SI avec ma classe ?

L’éducation au développement durable, y compris dans ses déclinaisons avec l’éducation au développement et à la solidarité internationale, est aujourd’hui non seulement reconnue, mais également vivement encouragée au sein de l’institution.

Les contours de l’EDD-SI ont été progressivement construits et présentés dans une succession de circulaires de l’Education nationale (renvoi vers les textes officiels). Dans celle parue en novembre 2011, le Ministère de l’Education nationale affirme clairement l’importance de lier EDD et EADSI et d’agir sous forme de « projet » avec des partenaires :

« Dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies et de la nouvelle stratégie nationale de développement durable, il est nécessaire d'approfondir la complémentarité et la continuité entre les projets d'éducation au développement et à la solidarité internationale et les actions d'éducation au développement durable.
En effet, l'éducation à la solidarité internationale et au développement, visant à donner aux élèves des clés de compréhension des grands déséquilibres planétaires et à encourager leur réflexion sur les moyens d'y remédier, participe pleinement à l'éducation au développement durable, en contribuant à la compréhension des interdépendances environnementales, économiques, sociales et culturelles à l'échelle mondiale.
Dans cette perspective, les nouveaux programmes intègrent explicitement les problématiques liées aux lignes de partage du monde contemporain, tant géopolitiques qu'économiques, sociales, démographiques, énergétiques ou alimentaires.
Au-delà, les écoles et les établissements sont encouragés à développer toutes les formes de projets, à leur propre initiative ou avec les partenaires engagés dans les actions de solidarité internationale, comme les associations spécialisées et les établissements publics dédiés. »

Quels que soient l’établissement (primaire, secondaire, enseignement général ou professionnel) et la classe, l’EDD-SI est encouragée à tous les niveaux :

« Les enjeux éducatifs et les principes du développement durable sont désormais inscrits dans les programmes d'enseignement de l'école primaire, du collège et du lycée général, technologique et professionnel, dans une continuité pédagogique qui permet aux élèves de s'approprier les connaissances et les compétences de futurs citoyens sous l'angle du développement durable, tout au long de leur scolarité. » (circulaire 2011).

Je veux en savoir plus : lien vers les textes officiels.

2 – Avec quels collègues travailler ?

L’EDD-SI doit être le fruit d’un travail pluridisciplinaire, afin de faire comprendre à l’élève qu’une problématique doit être traitée selon différents angles et ainsi redonner du sens à l’enseignement disciplinaire.

Si l’on prend par exemple le thème de la sécurité alimentaire, celui-ci relève aussi bien des sciences de la vie et de la terre – SVT (développement des plantes, protection des sols), que de l’histoire-géographie (politiques d’ouverture/fermeture des frontières), et de l’enseignement économique (prix des céréales sur les marchés, fluctuations, etc.).

« Les nouveaux programmes du premier degré et du collège intègrent les enjeux du développement durable en prenant appui sur le socle commun de connaissances et de compétences, en particulier dans les domaines de compétences trois, « culture scientifique et technique », cinq, « culture humaniste », six, « compétences sociales et civiques » et sept, « autonomie et initiative ».
Les nouveaux programmes des lycées accordent aussi une place importante aux questions de développement durable dans les différents domaines disciplinaires, qu'il s'agisse de la voie générale, de la voie technologique (transformation de la série « sciences et technologies de l'industrie » en « sciences et technologies de l'industrie et du développement durable » - STI2D) ou de la voie professionnelle (les référentiels de certification font l'objet d'un travail majeur d'intégration des enjeux du développement durable, entre autres ceux des métiers du bâtiment, de l'énergie, de la chimie). » (Circulaire n° 2011-186 du 24-10-2011)

Je veux en savoir plus : bulle « Travailler en inter-disciplinarité ».

3 – Pourquoi et comment construire une problématique au départ ?

L’EDD-SI, par la complexité des sujets qu’elle aborde, doit permettre à l’élève de construire sa réflexion.

Un projet pédagogique dans ce domaine ne peut se réduire à la simple exposition d’un problème, et l’apport de solutions « clés en main ». Au contraire il doit montrer que des intérêts contradictoires sont en jeu, et que l’action résulte de choix, de compromis et/ou de rapports de forces (éducation au choix).

Je veux en savoir plus : bulle « élaborer une problématique » et bulle « éduquer au choix »

4 – Qui peut nous aider ? Avec qui travailler et construire une démarche en dehors de l’établissement ?

Pour comprendre la complexité d’un problème et l’interdépendance des territoires et des sphères du développement durable (environnement, économie, social, culture et politique), il est indispensable de multiplier et croiser les regards autour d’une problématique.

Une première étape est de repérer les acteurs, présents dans son propre territoire, que l’on peut faire intervenir en classe. Avec le souci d’articuler les interventions des uns et des autres, et de montrer la diversité des points de vue, des enjeux et rapports de force en présence. Le fait de travailler avec d’autres implique de construire différents types de partenariats.

« La formation au développement durable se joue au niveau du projet d'école ou d'établissement dans le cadre d'une double mise en cohérence : d'une part entre les enseignements et les diverses formes de projets pédagogiques ; d'autre part entre les activités conduites dans l'école ou l'établissement et les territoires proches où l'on puisera des exemples ou des études de cas et où l'on mettra en œuvre les partenariats possibles » (Circulaire n° 2011-186 du 24-10-2011).

On réduit souvent le partenariat au soutien financier apporté par des collectivités territoriales. Dans le cas présent il s’agit plutôt de réunir des acteurs autour d’un même projet éducatif, chacun ayant un rôle particulier à jouer. Ce rôle peut aller du simple témoignage d’acteur au cours d’une séquence pédagogique jusqu’à la co-construction avec l’enseignant de toute la démarche. Pour rappel, la responsabilité pédagogique reste, au final, à l’équipe enseignante.

Je veux en savoir plus : bulle « construire un partenariat »
Je cherche des ressources : rubrique « du côté de chez moi »

5 – A quoi faut-il être attentif avec les élèves ?
  • Eviter l’écueil de la culpabilité ou de l’angoisse

Comprendre le monde, s’ouvrir aux autres, peut avoir pour conséquence de bouleverser les représentations de l’élève, et lui faire entrevoir des situations qu’il n’imaginait pas. Cela le conduit la plupart du temps à comparer ce qui se passe ailleurs avec son propre vécu, et peut parfois le conduire à une certaine forme de culpabilité ou d’angoisse. Les enseignants qui conduisent un projet d’EDD-SI doivent veiller à ne pas heurter la sensibilité des élèves, et à ne pas induire involontairement un sentiment de culpabilité. Au contraire il est possible d’offrir aux jeunes des pistes de réflexion sur les moyens d’agir, et de leur permettre une ouverture au monde ancrée dans le plaisir de l’échange, de la découverte et de la rencontre.

  • Travailler sur les « clichés »

Un autre risque réside dans le fait de renforcer inconsciemment les clichés et représentations que peuvent avoir les élèves vis-à-vis d’un « Autre », imaginé pauvre, inactif, dans le besoin et l’attente d’une aide de pays riches, etc. ; il est donc primordial de faire un travail préalable d’interrogation des représentations (voire de ses propres représentations, en tant qu’adulte). On peut utiliser pour cela des moyens et outils par exemple : faire intervenir des personnes en mesure de « décoder » les situations ou interrogations rencontrées par les élèves à l’occasion d’échanges interculturels ; visionner une vidéo qui montre des situations du quotidien dans leur diversité - voir les vidéos produites par Des Alpes au Sahel - ; lire et expliciter avec la classe le courrier écrit par des élèves « étrangers », dans le cadre d’un échange scolaire.

  • Tout sauf du « prêt-à-penser »

La démarche d’EDD-SI ne consiste pas à porter un jugement, ni à proposer des modèles normatifs moralisateurs. Il ne s’agit pas de prescrire mais de « contextualiser » (c'est-à-dire remettre les éléments dans leur contexte), donner à connaître et à comprendre, et ainsi accompagner le développement d’une pensée critique et autonome des élèves. De même, l’EDD-SI ne peut ni ne doit avoir comme objectif principal la transmission de valeurs dont elle est porteuse : elle doit les expliciter, non pas pour rechercher le consensus mais pour débattre de la cohérence entre ce que l’on affirme et ce que l’on met en pratique. Encore une fois, il ne s’agit pas d’enseigner des choix mais bien d’éduquer au choix.

Cette « contextualisation » sera garante de la préservation des élèves à l’égard du risque de conflit de loyauté. Les élèves font en effet partie d’une variété de cercles d’appartenance : cercle familial, amis, école… etc. Il appartient aux enseignants d’être particulièrement attentifs à ne pas placer les élèves en situation difficile, au cœur de plusieurs systèmes normatifs, éventuellement contradictoires ou divergents. Là encore il ne s’agit pas de distinguer bons et mauvais comportements mais d’aider l’élève à prendre ses propres décisions et à faire ses propres choix sur la base d’éléments lui permettant d’appréhender la complexité du monde, la diversité des acteurs, de leurs objectifs, de leurs systèmes de valeurs, l’impact des décisions collectives et individuelles.

  • Veiller à ce que les élèves soient « acteurs »

Les élèves doivent être considérés comme des acteurs à part entière du projet et ce, dès sa conception. Ils doivent être associés au processus de prise de décision à toutes les étapes du projet dans une démarche ascendante.

La finalité de la démarche d’EDD-SI vise l’acquisition par les élèves de connaissances et de compétences en vue de l’action. Il s’agit bien de promouvoir l’émergence de citoyens éclairés, autonomes et agissants. Dans cette perspective le rôle de l’enseignant se rapproche de celui d’un médiateur facilitant l’accès à l’information, aux connaissances, tout en proposant un environnement éducatif incitatif où l’élève est acteur de ses apprentissages. Aussi convient-il d’adopter des méthodes capables de rendre le jeune acteur - voire auteur - de la démarche : débat argumenté, jeux de rôles, mise en œuvre d’actions concrètes, …

Je veux en savoir plus : bulle « rôle et sensibilité de l'élève »

 6 – Mon projet s’inscrit-il bien dans une démarche d’EDD-SI ?

L’inscription ou non d’un projet dans une démarche d’EDD-SI peut être déterminée par l’examen d’une série de questionnements successifs.

Télécharger l’outil d’évaluation de la démarche EDD-SI d’un projet (schéma pdf).

7 – Comment financer mon projet ?

En fonction de l’ampleur du projet construit par l’équipe d’enseignants, des ressources plus ou moins importantes seront nécessaires pour en financer la réalisation.

Ces ressources peuvent permettre :

  • l’achat de matériel pédagogique,
  • le financement d’intervenants extérieurs que l’on aura sollicités pour intervenir en classe (de manière ponctuelle ou sur toute la durée de la démarche),
  • de réaliser des déplacements pour aller sur le terrain, qu’il s’agisse de faire des expériences au bord du fleuve proche, ou de prendre l’avion pour rencontrer un partenaire étranger,
  • des visites de sites, de musées, etc.

En dehors du Ministère de l’Education nationale, les sources de financements sont principalement de quatre ordres :

  • les parents d’élèves (notamment en cas de voyage intégré à la démarche) et le fonds social de l’établissement pour permettre la participation de tous les enfants,
  • les collectivités territoriales. En principe, une école primaire peut s’adresser à la commune, un collège au Conseil général de son département et un lycée à la Région Rhône-Alpes. Si l’établissement s’appuie sur un partenariat de coopération décentralisée (voir le glossaire). d’une collectivité proche, il peut y trouver à la fois une expertise technique et un soutien financier ;
  • des financeurs privés : Rotary’s Club, Lions Club, fondations, etc.
  • des collectes de fonds au travers d’activités aussi diverses que l’imagination des porteurs du projet : vide-grenier, bourse aux livres, organisation de soirées, de spectacles, vente d’objets, kermesse, etc.

Il faut veiller à ce que la recherche de financements ne prenne pas le pas sur la pédagogie. Autrement dit, un projet éducatif en EDD-SI doit consacrer plus de temps aux activités en lien avec la problématique qu’à organiser une soirée, ou a vendre des petits pains à la récréation.

Si on construit son projet éducatif avec une structure partenaire, celle-ci peut prendre principalement en charge la recherche de financement. En effet, les associations ont souvent l’habitude de monter des dossiers de demande de financement auprès de bailleurs privés ou de collectivités territoriales.

En revanche, dans certaines filières (BTS vente, action commerciale…), la recherche de financements peut constituer un objectif pédagogique en soi par la rigueur qu’elle demande dans le montage de dossiers, et les savoir faire qu’elle permet d’acquérir en allant à la rencontre de bailleurs potentiels.

Pour en savoir plus sur les financements disponibles, vous pouvez consulter la rubrique du site de RESACOOP : www.resacoop.org

 8 – Quelques exemples de projets éducatifs

Pour se lancer dans l’élaboration d’un projet éducatif en EDD-SI, on peut s’appuyer sur les pratiques d’enseignants qui ont déjà expérimenté la démarche.

En consultant la rubrique « Découvrir les projets des autres pour imaginer le sien », vous trouverez des sources d’inspiration et des contacts pour franchir le pas.